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Site Abane Ramdane: contribution

par : Ait Benali Boubekeur 

 La défaite du projet républicain défendue par Abane Ramdane a conduit la crise politique endémique.

« L’Algérie est un pays qui n’a pas de chance. Ses enfants se jalousent, manquent d’esprit de discipline et de sacrifice. Ils se plaisent dans l’intrigue. Ils oublient l’essentiel pour le futile. L’avenir me parait incertain. Les imposteurs, les malins risquent d’imposer leur loi », réaction de Ferhat Abbas aux aveux de Ben Tobbal et Benaouda justifiant la mort d’Abane Ramdane.
Ni le sang des chouhadas, ni l’investissement des hommes intègres, à l’instar de Ferhat Abbas, Hocine Ait Ahmed et bien d’autres, n’ont réussi à conjurer ce funeste sort. Entre les adversaires et les partisans du projet républicain, incarné notamment par Abane Ramdane, force est de reconnaître que la victoire est souvent revenue à ceux-là.


Et quand Dahou Ould Kablia affirme, il y a quelques jours, qu’Abane Ramdane n’avait pas de sympathisants, cette allégation est totalement fausse, car il ne s’agissait pas et il ne s’agit pas de nos jours d’une affaire de personnes, mais d’un projet politique. Bien qu’on associe toujours des noms à des lignes politiques, il n’en reste pas moins que les différends sont inhérents aux projets.
Quoi qu’il en soit, s’il y a un seul point sur lequel l’ancien ministre de l’Intérieur et fils spirituel du terrible fils de la révolution, Abdelhafid Boussouf, c’est quand il affirme qu’Abane Ramdane avait une perception différente de la politique avec le MALG, une organisation déviée par Boussouf de son objectif révolutionnaire.
Quelles sont alors ces divergences ? Bien qu’Abane Ramdane  ne soit pas présent lors de la préparation de la lutte armée –car condamné à une peine de 6 ans de prison en 1951 pour ses activités au sein du PPA-MTLD-OS –, dès sa sortie de prison en janvier 1955, il s’est opposé à ce fameux contrat moral, c’est-à-dire ceux qui ont déclenché la guerre ont plus de légitimité que les autres militants ou les autres Algériens.
Qu’il en déplaise à Dahou Ould Kablia, Abane Ramdane ne voulait pas d’une Algérie appartenant à des personnes, mais il luttait pour une Algérie appartenant à tous les Algériens. Pour lui, comme le prouve son premier tract politique de juin 1955, la révolution algérienne doit s’appuyer sur tous ses enfants. « Le FLN n’est pas la reconstitution du MTLD. Le FLN est le rassemblement de toutes les énergies saines du peuple algérien. Le MTLD pensait que la libération de l’Algérie serait l’œuvre du parti. C’est faux. Le FLN, lui, affirme que la libération de l’Algérie sera l’œuvre de tous les Algériens et non pas celle d’une fraction du peuple algérien », écrit-il.
En tout cas, c’est dans cet esprit qu’Abane Ramdane, soutenu par l’un des plus illustres chefs historiques, Larbi Ben Mhidi, entreprend la démarche du rassemblement de tous les courants politiques sous l’égide du FLN. Seuls deux partis refusent d’intégrer le rassemblement, le parti communiste algérien (PCA) pour des raisons idéologiques et le mouvement national algérien (MNA) pour des raisons de leadership.
De toute évidence, à l’époque, la seule préoccupation était de savoir comment organiser cette lutte en suscitant la plus grande adhésion populaire possible. Or, si les partisans de Dahou Ould Kablia avaient voulu jouer le même rôle qu’Abane Ramdane, pourquoi son mentor, en l’occurrence Boussouf, n’était pas rentré en Algérie pour organiser le mouvement révolutionnaire ? En plus, est-il besoin de rappeler que ce travail était un engagement pris par les initiateurs de la lutte armée, dans leur dernière réunion du 23 octobre 1954 où une rencontre a été prévue pour faire le bilan des trois mois de lutte.
Et si cette réunion avait eu lieu, les chefs de zones –le terme wilaya n’est apparu qu’après le congrès de la Soummam – auraient sans doute appelé à la participation de tous les Algériens au projet révolutionnaire.
Hélas, au lieu d’associer leurs efforts à l’œuvre, les amis de Dahou Ould Kablia se mobilisent en vue d’empêcher la dynamique. Cependant, si Ben Bella s’est opposé au projet d’Abane Ramdane en évoquant le fameux contrat moral entre les 9 chefs historiques, Abdelhafid Boussouf agit comme un criminel.
En effet, toute personne qui s’oppose à son projet machiavélique mérite, selon lui, la mort. Pour ce faire, il attend qu’Abane Ramdane soit lâché par Krim Belkacem, un homme fort de la révolution et qui a convaincu Abane Ramdane de rejoindre la révolution, pour commettre son ignoble crime, un certain 27 décembre 1957.
En se débarrassant de l’homme qui incarne le projet républicain par excellence, les colonels condamnent par la même occasion le pays à vivre sous la dictature. Et c’est ce système que tente de justifier le fils spirituel de Boussouf, Dahou Ould Kablia.
Pour conclure, il va de soi que l’échec du projet républicain est dû à la prééminence du militaire sur le politique. Bien qu’Abane Ramdane ait tenté –en payant son engagement de sa vie –de remettre la révolution sur les rails, les amis de Dahou Ould Kablia se sont ingéniés à mettre ce projet en échec.
Par conséquent, une question se pose avec acuité. 53 ans après l’indépendance, dans quelle situation se trouve l’Algérie? Et le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-ci ne plaide pas en faveur du discours d’Ould Kablia. Car si la dictature pouvait développer un pays, les pays occidentaux adopteraient le même modèle. Or, aucun pays ne s’est précipité à copier notre système.
Enfin, au lieu de reconnaître le fait que l’usurpation du pouvoir soit à l’origine des déboires postindépendances, Dahou Ould Kablia accuse ceux qui n’ont jamais accédé aux responsabilités d’être responsables de la crise. Une façon sans doute de vouloir se laver les mains, mais l’histoire ne leur pardonnera jamais d’avoir humilié la nation, d’avoir assassiné ou exilé ses meilleurs fils et d’avoir condamné le pays au sous-développement.
Aït Benali Boubekeur

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