Abane Ramdane

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Cher Abane,
Malgré la rondeur de votre visage, et son expression joviale, malgré cet air poupin et juvénile qui s’en dégage, on note dans votre regard, profond et inquisiteur, une grande amertume.
Il est difficile, à ce jour, de vous classer dans une catégorie quelconque, car vous faites partie de ces êtres inclassables, que seule l’histoire, débarrassée de toute passion et parti pris, pourra peut être définir un jour !
Vous avez un nom si lourd à prononcer, mais tellement évocateur car il est synonyme du héros trahi.
Pour la France, vous étiez le petit fonctionnaire de mairie, exemple de l’intégration et des bienfaits de l’autorité, qui vous avait initié au savoir et à la culture française. Elle était loin de se douter, que vous étiez l’un des précurseurs du déclenchement de la lutte armée, et l’architecte de la Révolution.

Conférence à la maison de la culture de Tizi-Ouzou Samedi 20 aout 2016 à  10H 00"

La primauté soummamienne du politique et de l’intérieur

ou

La victoire éphémère d’Abane Ramdane

 CONFERENCE QUI SERA ANIMEE PAR LE PROFESSEUR ABANE BELAID

 Abstract

On s’accorde aujourd’hui pour reconnaître à Abane, la paternité des principes soummamiens de la primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur, adoptés au congrès d’Ifri du 20 août 1956. On peut même dire qu’Abane et « ses » primautés ont connu le même sort, la même trajectoire : ascendante d’abord durant les années 1955, 1956 et le 1er semestre 1957. Puis déclinante, à partir de l’été 1957 avant d’être marginalisé puis éliminé pour l’un, et définitivement mises au rancart, pour les autres dès l’été 1957. Régnera alors la primauté du militaire installé à l’extérieur.

Si elles correspondent parfaitement à la vision rationnelle d’Abane et à sa manie institutionnelle, ces primautés portent néanmoins dès leur origine, le germe qui va signer leur mort programmée. Ce « travers » originel, c’est d’abord la défaillance des congressistes, d’Abane au premier chef, à expliquer leur sens profond. Aucun développement en effet dans la plateforme de la Soummam, comme si tout allait de soi. Un déficit de communication dirait-on aujourd’hui. Inévitablement, c’est la compréhension au premier degré qui prévaudra : les militaires seront sous la coupe des politiques et tous ceux qui militent à l’extérieur subordonnés aux chefs de l’intérieur.

Ajoutés à la personnalité d’Abane, sa vision unioniste, jacobine et sacralisée de la Révolution, ces principes, pourtant futuristes et modernes dans leur essence, ne pouvaient susciter que des résistances. Ils poseront dès lors un double problème de légitimité. D’un côté, de la part des responsables, politiques ou militaires, installés ou décidés à s’installer à l’extérieur d’autant qu’à partir du printemps 1957, les organes dirigeants, CCE et CNRA, étaient déjà à l’extérieur.

D’un autre côté, en dépit de l’important travail de politisation fait par Abane, au cours des années 1955 et 1956, les hommes et les structures de la Révolution restaient irrémédiablement imprégnées de l’esprit militaire. Notamment dans les Aurès où les hommes attendaient, armes aux pieds, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, qu’on leur donne le signal de passer à l’action.

On comprend dès lors avec quelle facilité ont été répudiées à la réunion du CNRA au Caire le 20 août 1957, les primautés de l’intérieur et du politique, perçues comme des subterfuges de politiciens, et sans le moindre débat. La disgrâce de ces principes, signait du même coup celle d’Abane qui les avait portés, et qui l’avaient porté. D’ifri au Caire, le paradigme soummamien du politique et de l’intérieur aura vécu une vie éphémère.

BELAID ABANE

Voici le message que j'ai voulu publier sur le livre d'Or:
Contribution au livre d’Or sur Abane Ramdane.
S’il y a des noms qui marquent de façon indélébile l’histoire de notre pays, celui d’Abane Ramdane y figure forcément. En effet, la seule évocation de son nom représente déjà un idéal. Malgré les tentatives des hommes forts de l’Algérie indépendantes de vouloir l’effacer du récit historique, il suffit qu’un article ou un livre soit écrit sur la guerre d’Algérie pour que le rédacteur accorde une place prépondérante à Abane Ramdane.
Dans la catégorie des grands tacticiens et stratèges,  l’histoire contemporaine retient peu de noms. Incontestablement, Abane Ramdane appartient à ce cercle très restreint des chefs qui sont capables de rassembler leur peuple en vue de réaliser un projet commun.

Site Abane Ramdane: contribution

par : Ait Benali Boubekeur 

 La défaite du projet républicain défendue par Abane Ramdane a conduit la crise politique endémique.

« L’Algérie est un pays qui n’a pas de chance. Ses enfants se jalousent, manquent d’esprit de discipline et de sacrifice. Ils se plaisent dans l’intrigue. Ils oublient l’essentiel pour le futile. L’avenir me parait incertain. Les imposteurs, les malins risquent d’imposer leur loi », réaction de Ferhat Abbas aux aveux de Ben Tobbal et Benaouda justifiant la mort d’Abane Ramdane.
Ni le sang des chouhadas, ni l’investissement des hommes intègres, à l’instar de Ferhat Abbas, Hocine Ait Ahmed et bien d’autres, n’ont réussi à conjurer ce funeste sort. Entre les adversaires et les partisans du projet républicain, incarné notamment par Abane Ramdane, force est de reconnaître que la victoire est souvent revenue à ceux-là.