Abane Ramdane

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Ramdane Abane


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ABANE Ramdane est né en 1920 à Azouza dans la commune de Larbaâ Nath Irathen, et décédé en décembre 1957 au Maroc, est un militant politique et révolutionnaire algérien, ayant joué un rôle clé dans l'organisation de la lutte indépendantiste lors de la guerre d'Algérie.
ABANE Ramdane joue un rôle fondamental dans l'histoire de la révolution algérienne, souvent considéré comme le dirigeant « le plus politique » du FLN. Il est surnommé: « l'architecte de la révolution ».
ABANE Ramdane a su regrouper et unir au sein du FLN l’ensemble des courants politiques pour lutter contre la domination française. Principal organisateur du congrès de la Soummam, il trace les grandes lignes du mouvement révolutionnaire consistant à créer un État dans lequel l'élément politique l'emporte sur l'élément militaire, et a opté pour le pluralisme politique et linguistique en Algérie.
Il meurt assassiné par les siens en décembre 1957.


Sommaire
•    1 Biographie


         1.1 Son enfance et ses études et son entrée dans le mouvement national

         1.2 Dans les prisons françaises, élaboration d'une culture politique

         1.3 Libération, retour à la clandestinité et organisation des réseaux FLN

         1.4 Structuration politique du mouvement national et luttes internes

         1.5 Assassinat


•    2 Citations


•    3 Bibliographie


Biographie

 

Son enfance, ses études et son entrée dans le mouvement national
ABANE Ramdane voit le jour le 10 juin 1920 à deux heures de l’après-midi dans une maison, a la voire aujourd’hui, témoigne de l’aisance de la famille ABANE.
Ramdane grandit à la manière de tous les enfants du village partagé entre la maison et l’école située au sein même du village. Très tôt à l’école comme à la maison on lui découvre un caractère que faute de mieux on ne peut qualifier que de difficile. Mais déjà, tout jeune, il affiche volontiers des prédispositions pour le secret, la solitude et même l’entêtement. De Ramdane, tous se souviennent qu’il n’a jamais été commode à la maison. Certes il n’était ni virulent ni encore moins violent ou bagarreur mais son défaut était de vouloir toujours avoir raison. Sans distinction, contre tout le monde. Y compris père et mère sans parler des frères ou jeunes neveux. Ajoutant à cela que l’une des qualités du jeune Ramdane pouvait pour l’époque et pour la région lui faire pardonner n’importe quel défaut ou caprice : c’était un élève si intelligent et si bien classé à l’école ! Étant donné la soif d’apprendre et le rêve que nourrissait chaque famille de voire l’un de ses fils réussir une scolarité brillante.
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Abane Ramdane entre a l’école indigènes de son village natal Azouza entre 1926 et 1928 mais il sort avec certitude en juin 1933 avec le certificat d’études primaires à titre indigène, diplôme si précieux et si rare à l’époque.
Le jeune Abane allait sortir de son horizon, s’arracher à sa famille et gagner une grande ville. De Azouza il passera à Blida puisqu’il entre au collège Duveyrier en octobre 1933 pour accomplir toute sa scolarité secondaire jusqu’en 1942. Pendant ces huit années, il vivra en internat, ce qui le rendra totalement disponible pour ses études qu’il termine par l’obtention du BAC Mathématique. Abane Ramdane a montré des aptitudes exceptionnelles au contact des mathématiques lui permettant de forger un esprit rigoureux et méthodique, proche d’un certain absolutisme ! Le voila maintenant bien armée pour affronter la vie, surtout en cette période de guerre mondiale.         
Abane est ensuite mobilisé et affecté pendant la Seconde Guerre mondiale, avec le grade de sous-officier, dans un régiment de tirailleurs algériens stationné à Blida, en attendant le départ pour l'Italie. Démobilisé, il entre au Parti du peuple algérien (PPA) et milite activement tout en travaillant comme secrétaire de la commune mixte de Châteaudun du  Rhummel (Chelghoum Laïd).
Fortement marqué par les massacres du 8 mai 1945, il abandonne ses fonctions, rompt définitivement avec l'administration coloniale et entre en clandestinité pour se consacrer à « la cause nationale » au sein du PPA-MTLD. Il est désigné, en 1948, comme chef de wilaya, d'abord dans la région de Sétif, puis dans l'Oranie. Durant cette période, il est également membre de l'Organisation spéciale (OS), bras armé du Parti, chargé de préparer la Révolution.


Dans les prisons françaises, élaboration d'une culture politique
abane ramdane

Recherché par la police française dans l'affaire dite du « complot de l'OS » (1950), il est arrêté quelques mois plus tard dans l'ouest du pays. Il est jugé en 1951, après avoir subi plusieurs semaines d'interrogatoire et de torture, et condamné à 6 ans de prison, 10 ans d'interdiction de séjour, 10 ans de privation des droits civiques et 500 000 francs d'amende pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'État ». Commence alors un long calvaire dans les prisons d'Algérie (Bougie, Barberousse, Maison Carrée) et de métropole. Après un court séjour aux Baumettes (Bouches-du-Rhône) au début de l'année 1952, il est transféré à Ensisheim (Haut-Rhin, Alsace) dans une prison de haute sécurité. Soumis à un régime de détention de droit commun, extrêmement sévère, il entame une longue grève de la faim. À l'article de la mort, il est soigné et sauvé in extremis, et obtient gain de cause.
Prisonnier politique, il est transféré en 1953 à la prison d'Albi dans le Tarn (sud-ouest de la France) où le régime carcéral, plus souple, lui permet de s'adonner à son loisir favori, la lecture, qui lui permet de forger sa culture et sa formation politique. Il y découvre, notamment, la condition injuste et dramatique faite à la nation irlandaise, à maints égards semblable à celle que subit le peuple algérien depuis plus d'un siècle, et le sort d'Éamon de Valera qui connut, comme lui, les geôles britanniques.
Transféré à la prison de Maison Carrée au cours de l'été 1954, il est régulièrement tenu au courant des préparatifs de novembre 1954. Il est même désigné d'office comme l'un des douze membres d'un comité chargé de prendre en mains les destinées de la rébellion contre le régime français, pour l'indépendance de l'Algérie.


Libération, retour à la clandestinité et organisation des réseaux FLN
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C'est à ce titre que les dirigeants de la zone III (Kabylie, future wilaya III historique) prennent contact avec lui quelques jours après sa sortie de prison, le 18 janvier 1955, alors qu'il est assigné à résidence à Azouza. Après quelques jours passés auprès de sa mère paralysée, il quitte Azouza, entre en clandestinité et prend en charge la direction politique de la capitale. Son appel du 1er avril 1955 à l'union et à l'engagement du peuple algérien signe l'acte de naissance d'un véritable Front de libération et son émergence en tant que mouvement national. Il y affirme son credo unitaire, « la libération de l'Algérie sera l'œuvre de tous », qu'il n'aura de cesse de mettre en œuvre.
Il obtient vite une grande influence dans la direction intérieure installée à Alger. Chargé des questions d'animation de la « Révolution » au niveau national en assurant la coordination inter-wilayas, il anime également la liaison avec la Délégation extérieure du FLN établie au Caire, les fédérations de France, de Tunisie et du Maroc. Il a ainsi la haute main sur toutes les grandes questions d'ordre interne et international.
Il consacre également son énergie à organiser et à rationaliser la lutte, et à rassembler toutes les forces politiques algériennes au sein du FLN pour donner à la « rébellion » du 1er novembre la dimension d'un grand mouvement de résistance nationale. Secondé par Benyoucef Benkhedda, il impulse la création d'El Moudjahid, le journal clandestin de la Révolution, de l'hymne national algérien Kassaman, appuie la naissance des organisations syndicales ouvrière (UGTA), commerçante (UGCA) et estudiantine (UGEMA), qui deviendront, elles aussi, un terreau pour la rébellion.


Structuration politique du mouvement national et luttes internes
Il met également en chantier et supervise la rédaction d'une base doctrinale (plate forme de la soummam) destinée à compléter et à affiner les objectifs contenus dans la Proclamation du 1er novembre 1954. Appuyé par Larbi Ben M'hidi, il fait adopter au Congrès de la Soummam du 20 août 1956 un statut pour l'armée de libération nationale (ALN) devant se soumettre aux « lois de la guerre », et surtout, devenir une plate-forme politique dans laquelle est affirmée la « primauté du politique sur le militaire et de l'intérieur sur l'extérieur ».photo 41
Il est désigné comme l'un des 5 membres d'un directoire politique national, le Comité de coordination et d'exécution (CCE), chargés de coordonner la « Révolution » et d'exécuter les directives de son conseil national (CNRA) créé à cet effet.

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En mars 1957, après l'arrestation et l'assassinat de Ben M'hidi, et la traque des réseaux FLN à Alger, combattus par les forces coloniales. Abane avec les trois autres membres du CCE doivent alors quitter la ville d’Alger.

 

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En quittant  l'Algérie, Abane Ramdane se plaçait dans une situation délicate et paradoxale : puisqu’il se retrouve a l’extérieur alors que, lors du « congrès de la Soummam », il a  été prôné et fait adopter à l'unanimité la primauté de l'intérieur sur l'extérieur, le seul fait de son éloignement risquait d'affaiblir. Mais le tempérament d'Abane ne le portait pas au renoncement. Ramdane Abane fustige alors les dérives du FLN et reproche violemment aux "colonels" leur soif de pouvoir et leur conduite dictatoriale. La volonté d'écarter un rival politique populaire dénonçant l'évolution du FLN vers un pouvoir militaire sera probablement la principale raison poussant les "colonels" à la décision d'emprisonner, voire d'éliminer Ramdane.


Assassinat
Le 29 mai 1958, le journal El Moudjahid, journal officiel des combattants algériens, annonçait à la une "Abane Ramdane est mort au champ d'honneur" ; l'article indiquait que le numéro un de la révolution avait été tué au combat lors d'un accrochage avec l'armée française ; alors qu’il fut assassiné le 27 décembre 1957, dans une ferme isolée entre Tétouan et Tanger au Maroc par ses compagnons d’armes.

 

Citations
« Abane Ramdane a eu le grand mérite d'organiser rationnellement notre insurrection en lui donnant l'homogénéité, la coordination et les assises populaires qui lui étaient nécessaires et qui ont assuré la victoire. »
— Ferhat Abbas, L'indépendance confisquée, éd Flammarion, Paris 1984 (p.188-189).
« J'ai connu pas mal d'intellectuels, mais Abane Ramdane était remarquablement intelligent. C'était en outre un homme simple, d'une sincérité absolue. Il n'aimait ni s'habiller ni avoir de l’argent. La seule chose qui lui importât était l'unité nationale. Il était décidé à l'obtenir par tous les moyens. Et c'est cela qui a choqué beaucoup de militants. Il était violent, brutal, radical et expéditif dans ses décisions. »
— Amar Ouamrane (cf. Achour Cheurfi, La Classe politique algérienne, de 1900 à nos jours, Casbah Éditions).

 


Bibliographie
•    Benjamin Stora, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, L'Harmattan, 1985 (ISBN 978-2-296-34092-3)
•    Achour Cheurfi, La classe politique algérienne de 1900 à nos jours.: Dictionnaire biographique, Casbah Éditions, 2006 (ISBN 9-9616-4292-9)
•    Mohammed Harbi, « Le Système Boussouf », dans Le Drame algérien. Un peuple en otage, Paris, La Découverte, 1995, p. 88-89 (ISBN 978-2-7071-2472-2)
•    Yves Courrière, La guerre d'Algérie Tome III : L'heure des colonels. « L'épisode de l'assassinat de Abane Ramdane », Collection : Le Livre de poche n° 3 750, Librairie Générale Française, 1982 (ISBN 2-2530-0091-4)
•    Historia Magazine - Guerre d'Algérie, no 237, juillet 1972
•    Khalfa Mameri, Abane Ramdane, Héros de la Guerre d'Algérie, L'Harmattan, Paris, 1988 (ISBN 2-7384-0117-1), et Éditions Rahma, Alger, 1992.
•    Lahcène Seriak, Abane Ramdane, éd. AGS Corpus/bibliographie, Alger, 2004.
•    Messaoud Benyoucef, Dans les ténèbres gîtent les aigles, éd. L'Embarcadère, janvier 2003 (ISBN 2-9147-2806-9).
•    Gilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN 1954-1962, Paris, Fayard, 2002 (ISBN 2-2136-1377-X).
•    Mohammed Harbi, FLN mirage et réalité, Jaguar, 1991 (ISBN 2-8525-8376-3).
•    Belaïd Abane, l'Algérie en guerre. Abane Ramdane et les fusils de la rébellion, L'Harmattan, Paris 2008 (ISBN 978-2-2960-5783-8)
•    Belaïd Abane, "Ben Bella-Kafi-Bennabi contre Abane. Les raisons occultes de la haine", Koukou Éditions, Alger, 2012 (ISBN 978-9931-315-03-2.

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